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31 mars 2012

Participer à la Pâque du Christ.

Saint-Gregoire-de-Nazianze

    Homélie de saint Grégoire de Naziance pour la Pâque.

     Nous allons participer à la Pâque. Cette participation sera, maintenant encore, en figure, par le sacrement. Toutefois, ce sacrement sera plus parlant que dans la loi ancienne, car le banquet pascal, j'ose le dire, était alors très obscur : c'était une préfiguration. Mais bientôt, la Pâque sera plus parfaite et plus pure, car le Verbe y boira avec nous le vin nouveau dans le Royaume de son Père. Alors, en effet, Il nous révélera et nous enseignera ce qu'il nous a montré jusqu'ici de façon restreinte. Car elle est toujours nouvelle, la Pâque que nous pouvons connaître aujourd'hui.

Quelle est donc cette boisson délicieuse ? C'est à moi de l'enseigner, c'est au Christ de faire comprendre et assimiler cette doctrine à ses disciples. En effet, la doctrine est une nourriture, même pour celui qui la donne aux autres.

Eh bien, quant à nous, participons à la loi, mais à la lumière de l'Évangile et non pas selon la lettre ; de façon parfaite et non ébauchée ; pour toujours et non pas pour un moment. Ayons pour capitale non pas la Jérusalem d'en bas, mais la cité d'en haut ; non pas celle qui est piétinée par les armées, mais celle qui est glorifiée par les anges. Offrons en sacrifice, non pas de jeunes taureaux ni des agneaux portant cornes et sabots — offrandes mortes et insensibles — ; offrons à Dieu un sacrifice de louange sur l'autel céleste, en union avec les choeurs du ciel. ~ Ce que je vais dire va plus loin : c'est nous-mêmes que nous devons offrir à Dieu en sacrifice ; offrons-lui chaque jour toute notre activité. Acceptons tout pour le Christ ; par nos souffrances, imitons sa passion ; par notre sang honorons son sang ; montons vers la croix avec ferveur. ~

Si tu es Simon de Cyrène, prends la croix et suis-le. Si tu es crucifié avec lui, comme le malfaiteur, reconnais, comme cet homme juste, qu'il est Dieu. Si lui-même a été compté parmi les pécheurs à cause de toi et de ton péché, toi, deviens un homme juste à cause de lui. En te crucifiant, adore celui qui a été crucifié à cause de toi, et tire quelque profit de ta méchanceté même ; achète le salut au prix de la mort ; entre au Paradis avec Jésus, pour comprendre de quels biens tu étais exclu. Contemple les merveilles qui sont là, et laisse mourir au-dehors, avec ses blasphèmes, celui qui l'injuriait.

Si tu es Joseph d'Arimathie, réclame le corps à celui qui l'a fait mettre en croix ; que ton souci soit le rachat du monde.

Si tu es Nicodème, cet adorateur nocturne de Dieu, mets-le au tombeau avec les parfums.

Si tu es une des saintes femmes, l'une ou l'autre Marie, si tu es Salomé ou Jeanne, va le pleurer de grand matin. Sois la première à voir la pierre enlevée, à voir peut-être les anges, et Jésus lui-même.
 

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30 mars 2012

« Il s'est livré pour nous »

 

Ste-Trinité

Lettre de saint Fulgence de Ruspe.

La Sainte Trinité, Dieu unique du nouveau et de l'ancien Testament, prescrivait à nos pères de lui offrir en sacrifice la chair des animaux. Ces animaux préfiguraient l'offrande très agréable de ce sacrifice que l'unique Fils de Dieu devait offrir miséricordieusement pour nous, en immolant sa chair.

C'est lui, en effet, selon l'enseignement de l'Apôtre, qui s'est livré pour nous en offrant à Dieu le sacrifice qui pouvait lui plaire. C'est lui, vrai Dieu et vrai grand prêtre, qui pour nous est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire en répandant non pas le sang des animaux, mais son propre sang. C'est ce que préfigurait le grand prêtre juif quand il entrait dans le sanctuaire, chaque année, en répandant le sang.

C'est donc lui qui, en lui seul, a présenté tout ce qu'il savait être nécessaire de réaliser pour notre rédemption. Oui, il était à la fois le prêtre et le sacrifice, à la fois Dieu et le temple. Prêtre dont la médiation nous réconcilie ; sacrifice qui opère la réconciliation ; temple dans lequel se fait notre réconciliation ; Dieu avec qui nous sommes réconciliés. Il est à lui seul le prêtre, le sacrifice et le temple, car, étant Dieu, il est tout cela selon la condition de serviteur. Mais il n'est pas Dieu à lui seul, car il l'est avec le Père et l'Esprit Saint selon la condition de Dieu. ~

Tu dois donc croire très fermement et sans aucune hésitation que l'unique Verbe de Dieu lui-même s'est offert pour nous à Dieu en sacrifice capable de lui plaire. C'est à Lui, avec le Père et l'Esprit Saint, que les patriarches, les prophètes et les prêtres, au temps de l'ancienne Alliance, offraient des animaux en sacrifice ; et c'est à lui, avec le Père et l'Esprit Saint qui ont avec lui une même divinité, que la sainte Église catholique, dans le monde entier, ne cesse d'offrir le sacrifice du pain et du vin, dans la foi et la charité.

La chair de ces animaux immolés jadis préfigurait la chair du Christ que lui-même, étranger au péché, offrirait pour nos péchés, elle préfigurait le sang qu'il répandrait pour le pardon de nos péchés. Mais dans notre sacrifice il v a l'action de grâce et la mémoire de la chair du Christ qu'il a offerte pour nous, et du sang que lui-même, Dieu, a répandu pour nous. Saint Paul, dans les Actes des Apôtres, dit à ce sujet : Veillez sur vous-mêmes et sur tout le troupeau où l'Esprit Saint vous a placés comme responsables pour être les pasteurs de l'Église de Dieu, qu'il a acquise par son sang.

Les sacrifices d'autrefois symbolisaient donc d'une manière figurative ce que nous aurions à donner. Dans le sacrifice d'aujourd'hui nous est montré clairement ce qui nous a déjà été donné. Les sacrifices d'autrefois annonçaient à l'avance que le Fils de Dieu serait mis à mort pour les impies. Le sacrifice d'aujourd'hui annonce qu'il a été mis à mort pour les impies. Saint Paul nous l'atteste : Le Christ, alors que nous n'étions encore capables de rien, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Et encore : Quand nous étions encore ses ennemis, Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils.

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28 mars 2012

Jésus, Dieu avec Dieu, homme avec les hommes.

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Commentaire de saint Augustin sur le Psaume 85.

     Dieu ne pouvait pas faire de plus grand don aux hommes que d'établir le Verbe, par qui il a tout créé, comme leur tête, et de les relier à lui comme des membres, pour qu'il soit Fils de Dieu et fils d'homme, un seul Dieu avec le Père, un seul homme avec les hommes. C'est au point que lorsque nous parlons à Dieu dans la prière, nous ne séparons pas son Fils de lui ; lorsque le corps du Fils est en prière, il ne se sépare pas de sa tête. Notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, est seul le Sauveur de son corps, lui qui prie pour nous, et qui prie en nous, et qui est prié par nous.

Il prie pour nous comme notre prêtre il prie en nous comme notre tête ; il est prié par nous comme notre Dieu.

Reconnaissons donc notre voix en lui, et sa voix en nous. Et lorsqu'il est dit, au sujet du Seigneur Jésus Christ, surtout dans les prophéties, une parole qui concerne une bassesse indigne de Dieu, n'hésitons pas à la lui attribuer, puisqu'il n'a pas hésité à s'unir à nous. Toute la création est à son service, parce que toute la création est son œuvre. Nous considérons sa souveraineté et sa divinité quand nous entendons dire : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Par lui tout s'est fait, et sans lui rien ne s'est fait. Alors nous contemplons cette divinité du Fils de Dieu qui surpasse et dépasse infiniment ce qu'il y a de plus haut chez les créatures. Mais d'autres endroits des Écritures nous le font voir en train de gémir, de prier, de rendre grâce.

Alors nous hésitons à lui rapporter ces paroles, parce que notre pensée, qui vient de contempler sa divinité, répugne à descendre jusqu'à sa bassesse. Il nous semble que c'est lui faire injure que de reconnaître ces paroles qui concernent l'homme chez celui auquel on adressait d'autres paroles lorsqu'on priait Dieu. On est embarrassé bien souvent, on essaie de changer le sens de ces mots ; on ne trouve rien dans l'Écriture qui ne nous invite à revenir à lui et ne nous interdise de nous écarter de lui.

Il faut donc s'éveiller, demeurer vigilant dans sa foi, et découvrir celui que l'on contemplait peu de temps auparavant dans la condition de Dieu, comme ayant pris la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu 'à mourir. Et lorsqu'il était attaché à la croix, il a voulu s'approprier les paroles du psaume en disant : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

Dans sa condition de Dieu, il reçoit notre prière, et dans la condition de serviteur, il prie. Là, il est le créateur, ici il est créé. Sans subir lui-même de changement, il assume la créature pour la changer, il fait de nous un seul homme avec lui, tête et corps. Nous prions donc vers lui, par lui, en lui, nous parlons avec lui et il parle avec nous.

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L'Église, signe de salut parmi les hommes.

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Actes du IIème Concile du Vatican - L'Eglise.


     Parole du Seigneur : Voici venir des jours où je conclurai une alliance nouvelle avec la maison d'Israël et avec la maison de Juda. ~ Je mettrai ma loi au plus profond d'eux-mêmes ; je l'inscrirai dans leur cœur. Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. ~ Tous me connaîtront des plus petits jusqu'aux plus grands. Parole du Seigneur.

Cette alliance nouvelle, c'est le Christ qui l'a instituée, car elle est la Nouvelle Alliance dans son sang. Il appelle une foule venue des Juifs et des nations païennes, pour qu'elle parvienne à l'unité non pas selon la chair, mais dans l'Esprit, et qu'elle soit le nouveau peuple de Dieu.

En effet, ceux qui croient au Christ, qui ont reçu la nouvelle naissance non pas d'un germe corruptible, mais d'un germe incorruptible par la parole du Dieu vivant, non pas de la chair mais de l'eau et de l'Esprit vivant, deviennent ainsi finalement la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu ~ qui jadis n'était pas un peuple, mais qui est maintenant le peuple de Dieu.

Ce peuple messianique a pour chef le Christ. livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification, et qui maintenant, ayant reçu le nom qui est au-dessus de tout nom, règne glorieusement au ciel.

Ce peuple a pour condition la dignité et la liberté des fils de Dieu, car, dans leur cœur, le Saint-Esprit habite comme dans un temple.

Il a pour loi le commandement nouveau d'aimer comme le Christ nous a aimés lui-même.

Enfin son but est le règne de Dieu, inauguré sur terre par Dieu même, pour s'étendre ensuite jusqu'à ce que. à la fin des siècles, il reçoive enfin de Dieu son achèvement, lorsque paraîtra le Christ, notre vie, et que la création sera libérée de l'esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître, elle aussi, la liberté et la gloire des enfants de Dieu.

C'est pourquoi ce peuple messianique, bien qu'il ne comprenne pas effectivement tous les hommes et qu'il apparaisse souvent comme un petit troupeau, est cependant, pour tout le genre humain, le germe le plus fort de l'unité, de l'espérance et du salut.

Établi par le Christ, pour réaliser une communion de vie, d'amour et de vérité, il lui sert d'instrument pour la Rédemption de tous les hommes, et il est envoyé au monde entier comme lumière du monde et sel de la terre.

De même que l'Israël selon la chair, qui cheminait dans le désert, est déjà appelé Église de Dieu, ainsi le nouvel Israël, qui s'avance dans le siècle présent, à la recherche de la cité future, la cité définitive, est appelé lui aussi l'Église du Christ. Car c'est bien le Christ qui l'a achetée de son sang, comblée de son Esprit, munie des moyens appropriés à son unité visible et sociale.

La communauté des croyants qui regardent vers Jésus comme l'auteur du salut, le principe de l'unité et de la paix, Dieu l'a convoquée et fondée comme son Église, afin qu'elle soit, pour tous et pour chacun, le sacrement visible de cette unité porteuse de salut.

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26 mars 2012

« L'Église de Dieu qu'il s'est acquise par son sang »

 

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(Catéchèse Baptismale de saint Jean Chrysostome.)

     Veux-tu savoir quelle vertu possède le sang du Christ ? Revenons à ce qui en a été la figure, aux récits anciens de ce qui s'est passé en Égypte. ~

Moïse dit : « Immolez un agneau sans tache et marquez vos portes de son sang. » Que dis-tu, Moïse ? Le sang d'un animal sans raison peut-il sauver des hommes doués de raison ? Oui, dit Moïse, non pas parce que c'est du sang, mais parce qu'il est la figure du sang du Seigneur. À présent, au lieu des portes marquées par le sang de la préfiguration, le diable voit sur les lèvres des fidèles le sang de la vérité préfigurée marquer la porte de ce temple du Christ qu'ils sont maintenant ; à plus forte raison va-t-il donc battre en retraite ! ~

Veux-tu connaître encore par un autre biais la vertu de ce sang ? Vois d'où il a commencé à couler et d'où il a pris sa source : il descend de la croix, du côté du Seigneur. Comme Jésus déjà mort, dit l'Évangile, était encore sur la croix, le soldat s'approcha, lui ouvrit le côté d'un coup de sa lance et il en jaillit de l'eau et du sang. Cette eau était le symbole du baptême, et le sang, celui des mystères. ~ C'est donc le soldat qui lui ouvrit le côté ; il a percé la muraille du temple saint ; et moi, j'ai trouvé ce trésor et j'en ai fait ma richesse. Ainsi en a-t-il été de l'Agneau : les Juifs égorgeaient la victime, et moi j'ai recueilli le salut, fruit de ce sacrifice.

Et il jaillit de son côté de l'eau et du sang. Ne passe pas avec indifférence, mon bien-aimé, auprès du mystère. Car j'ai encore une autre interprétation mystique à te donner. J'ai dit que cette eau et ce sang étaient le symbole du baptême et des mystères. Or, l'Église est née de ces deux sacrements : par ce bain de la renaissance et de la rénovation dans l'Esprit, par le baptême donc, et par les mystères. Or, les signes du baptême et des mystères sont issus du côté. Par conséquent le Christ a formé l'Église à partir de son côté, comme il a formé Ève à partir du côté d'Adam.

Aussi saint Paul dit-il : Nous sommes de sa chair et de ses os, désignant par là le côté du Seigneur. De même en effet que le Seigneur a pris de la chair dans le côté d'Adam pour former la femme, ainsi le Christ nous a donné le sang et l'eau de son côté pour former l'Église. Et de même qu'alors il a pris de la chair du côté d'Adam, pendant l'extase de son sommeil, ainsi maintenant nous a-t-il donné le sang et l'eau après sa mort. ~

Vous avez vu comment le Christ s'est uni son épouse ? Vous avez vu quel aliment il nous donne à tous ? C'est de ce même aliment que nous sommes nés et que nous sommes nourris. Ainsi que la femme nourrît de son propre sang et de son lait celui qu'elle a enfanté, de même le Christ nourrit constamment de son sang ceux qu'il a engendrés.

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Le Verbe fait chair

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(Lettre de Saint Léon le Grand à Flavien)

     La petitesse a été assumée par la majesté, la faiblesse par la force, l'asservissement à la mort par l'immortalité ; et pour payer la dette de notre condition humaine, la nature inaltérable s'est unie à la nature exposée à la souffrance. C'est ainsi que, pour mieux nous guérir, le seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus Christ devait, d'un côté, pouvoir mourir et, de l'autre, ne pas pouvoir mourir.

C'est donc dans la nature intégrale et complète d'un vrai homme que le vrai Dieu est né, tout entier dans ce qui lui appartient, tout entier dans ce qui nous appartient. Par là nous entendons ce que le Crêateur nous a donné au commencement et qu'il a assumé pour le rénover.

Car les défauts que le démon trompeur a introduits dans l'homme, et que l'homme trompé a contractés n'ont aucunement marqué le Sauveur. Aussi, bien qu'il ait accepté de partager les faiblesses humaines, n'a-t-il pas participé à nos fautes.

Il a pris la condition de l'esclave sans la souillure du péché ; il a rehaussé l'humanité sans abaisser la divinitê. Par son anéantissement, lui qui était invisible s'est rendu visible, le Créateur et Seigneur de toutes choses a voulu être un mortel parmi les autres. Mais ce fut là une condescendance de sa miséricorde, non une défaite de sa puissance. Par conséquent, lui qui a fait l'homme en demeurant dans la condition de Dieu, c'est encore lui qui s'est fait homme en adoptant la condition d'esclave.

Le Fils de Dieu entre donc dans la basse région du monde qui est la nôtre, en descendant du séjour céleste sans quitter la gloire de son Père ; il est engendré selon un ordre nouveau et par une naissance nouvelle.

Selon un ordre nouveau : étant invisible par lui-même, il est devenu visible en se faisant l'un de nous ; dépassant toute limite, il a voulu être limité ; existant avant la création du temps, il a commencé à exister temporellement ; le Seigneur de l'univers a adopté la condition d'esclave en plongeant dans l'ombre la grandeur infinie de sa majesté ; le Dieu inaccessible à la souffrance n'a pas dédaigné d'être un homme capable de souffrir, et lui qui est immortel, de se soumettre aux lois de la mort.

En effet, le même qui est vrai Dieu est aussi vrai homme, et il n'y a aucun mensonge dans cette unité, puisque la bassesse de l'homme et la hauteur de la divinité se sont unies dans cet échange.

De même que Dieu n'est pas altéré par sa miséricorde, de même l'homme n'est pas anéanti par sa dignité. Chacune des deux natures agit en communion avec l'autre, mais selon ce qui lui est propre : le Verbe opère ce qui appartient au Verbe, et la chair exécute ce qui appartient à la chair.

L'un brille par ses miracles, l'autre succombe aux outrages. Et de même que le Verbe ne perd pas son égalité avec la gloire du Père, de même la chair ne déserte pas la nature de notre race humaine.

C'est un seul et même être, il faut le dire souvent, vraiment Fils de Dieu et vraiment fils d'homme. Dieu par le fait que au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. Homme par le fait que le Verbe s'est fait chair et a établi sa demeure parmi nous.

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25 mars 2012

« Notre Pâque, c'est le Christ »

 

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(Lettre Pascale de saint Athanase)


     Il est tout proche de nous, ce Verbe qui pour nous s'est fait toutes choses : je veux dire notre Seigneur Jésus Christ qui a promis de demeurer continuellement auprès de nous. Il s'écrie en effet : Voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. Il est lui-même pasteur, souverain prêtre, chemin et porte, et il est devenu pour nous tout cela en même temps. C'est ainsi encore que la fête et la solennité nous est apparue ; comme dit l'Apôtre : Notre Agneau pascal qui a été immolé, c'est le Christ que l'on attendait. Mais il avait déjà brillé pour le psalmiste en prière qui disait : Mon allégresse, délivre-moi des ennemis qui m'assiègent. Telle est la véritable allégresse, telle est l'authentique solennité : l'éloignement de nos malheurs. Pour que chacun y parvienne, il faut que sa conduite soit parfaitement droite, et qu'il médite intérieurement dans le repos que procure la crainte du Seigneur.

C'est ainsi que les saints, pendant leur vie, étaient continuellement dans la joie, et comme à une fête. L'un d'entre eux, le bienheureux David, se levait la nuit non pas une fois mais sept fois et se conciliait le Seigneur par la prière. Un autre, le grand Moïse, chantait son allégresse par des hymnes et louait Dieu pour la victoire remportée sur Pharaon et les Égyptiens qui accablaient de corvées les Hébreux. Enfin, d'autres exerçaient le culte divin avec une joie constante, comme le grand Samuel et le bienheureux Élie. Ils avaient acquis la liberté par la sainteté de leur vie, et maintenant ils célèbrent la fête dans le ciel ; ils se réjouissent du pèlerinage qu'ils accomplissaient jadis dans l'ombre des figures, dont ils voient maintenant la différence avec la vérité.

Et nous, qui célébrons maintenant la solennité, quels chemins prenons-nous ? Et en approchant de cette fête, quel guide suivrons-nous ? Absolument aucun, mes bien-aimés, sinon celui que vous appelez avec moi notre Seigneur Jésus Christ, lui qui a dit : Je suis le Chemin.

C'est lui, nous dit saint Jean, qui enlève le péché du monde. C'est lui qui purifie nos âmes, selon une parole du prophète Jérémie : Placez-vous sur les chemins, regardez, considérez quel est le bon chemin, et vous y trouverez la purification de vos âmes.

Jadis le sang des boucs et la cendre de la génisse que l'on répandait sur les impurs n'étaient capables que de purifier le corps. Maintenant, par la grâce du Verbe de Dieu, chacun est pleinement purifié. Si nous le suivons sans tarder, nous pourrons, comme au seuil de la sainte Jérusalem, entrevoir la fête éternelle. Ainsi encore les bienheureux Apôtres, qui suivaient le Sauveur comme leur guide, étaient alors et sont encore maintenant les maîtres de cette grâce. Car ils disaient : Voici que nous avons tout quitté et que nous t'avons suivi. Nous-mêmes, nous suivons le Seigneur et nous accomplissons la fête du Seigneur non seulement en paroles, mais par nos actes.

 

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24 mars 2012

Puissance de la croix.

 

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Acters du Concile Vatican II.

L'Eglise dans le monde de ce temps.


     La Sainte Écriture, en accord avec l'expérience des siècles, enseigne à la famille humaine que le progrès, tout en étant un grand bien pour l'homme, entraîne aussi avec lui une sérieuse tentation. En effet, lorsque la hiérarchie des valeurs est troublée, que le mal se mêle au bien, les individus et les groupes ne regardent plus que leurs intérêts propres et non ceux des autres. Ainsi le monde ne se présente pas encore comme le domaine d'une véritable fraternité, tandis que le pouvoir accru de l'homme menace de détruire le genre humain lui-même.

Lorsque l'on demande comment une telle misère peut être surmontée, les chrétiens reconnaissent que toutes les activités humaines, quotidiennement menacées de ruine par l'orgueil, par l'amour désordonné de soi, doivent être purifiées et amenées à leur perfection par la croix et la résurrection du Christ. Racheté par le Christ et devenu une nouvelle créature dans l'Esprit Saint, l'homme peut et doit, en effet, aimer ces réalités que Dieu lui-même a créées. Car c'est de Dieu qu'il les reçoit : il rend grâce à son Bienfaiteur, il use et il jouit de la création dans un esprit de pauvreté et de liberté ; il est alors introduit dans la possession véritable du monde, comme quelqu'un qui n'a rien et qui possède tout. Car tout est à vous, mais vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu.

Le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, s'est fait chair et est venu habiter la terre des hommes. Homme parfait, il est entré dans l'histoire du monde, l'assumant et la récapitulant en lui. Lui-même nous révèle que Dieu est amour et nous enseigne en même temps que la loi fondamentale de la perfection humaine, et donc de la transformation du monde, est le commandement nouveau de la charité. À ceux qui croient en l'amour divin, il apporte la certitude que la route de la charité est ouverte à tous les hommes, que l'effort pour instaurer une fraternité universelle n'est pas vain. Il nous avertit aussi que cet amour ne doit pas seulement être recherché par des actions d'éclat, mais avant tout dans le quotidien de la vie. En acceptant de mourir pour nous tous, pécheurs, il nous apprend, par son exemple, que nous devons aussi porter cette croix que la chair et le monde mettent sur les épaules de ceux qui recherchent la justice et la paix. Constitué Seigneur par sa résurrection, le Christ, à qui tout pouvoir a été donné au ciel et sur la terre, agit désormais dans le cœur des hommes par la puissance de son Esprit ; il n'y suscite pas seulement le désir du monde futur ; par le fait même, il anime aussi, il purifie et fortifie ces aspirations généreuses qui poussent la famille humaine à améliorer ses conditions de vie et à soumettre la terre entière à cette finalité. Sans doute, les dons de l'Esprit sont divers ; il appelle les uns à témoigner ouvertement du désir de la demeure céleste et à garder vivant ce témoignage dans la famille humaine ; et il appelle les autres à se vouer au service terrestre des hommes, en préparant par leur ministère la matière du royaume des cieux. Mais de tous il fait des hommes libres pour que, renonçant à l'amour égoïste et rassemblant toutes les énergies terrestres au service de la vie humaine, ils s'élancent vers cet avenir où l'humanité elle-même deviendra une offrande agréable à Dieu.

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23 mars 2012

La Pâque approche.

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Lettre Pascale de Saint Athanase.

Il est beau, mes frères, de passer d'une fête à une autre, d'une prière à une autre, d'une solennité à une autre. Voici en effet ce temps qui nous apporte un nouveau commencement et la connaissance de la bienheureuse Pâque, où le Seigneur fut immolé. Certes, nous mangeons l'aliment de vie et nous réjouissons notre âme en buvant à ce sang précieux comme à une source ; et pourtant nous avons toujours soif, nous sommes toujours brûlants. Lui-même s'offre à ceux qui sont altérés ; dans sa bonté il admet à la fête ceux dont les entrailles sont desséchées ; comme disait notre Sauveur : Si quelqu'un a soif ; qu'il vienne à moi, et qu'il boive !

On n'étanche pas sa soif seulement quand on s'approche ; mais chaque fois qu'on demande, on obtient facilement d'approcher le Sauveur. La grâce de cette fête n'est pas limitée à une époque et son splendide rayon ne souffre pas du déclin ; il est toujours prêt à éclairer l'esprit de ceux qui le veulent. Sa puissance brille continuellement en ceux dont l'âme est éclairée et qui s'appliquent aux livres saints jour et nuit. Ainsi l'homme qui est appelé heureux dans le psaume : Heureux l'homme qui n'est pas allé à la réunion des impies, qui ne s'est pas arrêté sur le chemin des pécheurs, qui ne s'est pas assis dans l'assemblée des corrompus, mais qui s'attache à la loi du Seigneur, qui médite cette loi jour et nuit. ~

Ce grand Dieu, mes bien-aimés, qui au début institua cette fête, nous accorde de la célébrer chaque année. Lui-même, qui a livré son Fils à la mort pour notre salut, nous accorde pour le même motif cette sainte fête qui a sa place fixée dans le déroulement de l'année. Cette fête nous dirige au milieu des épreuves qui nous assaillent en ce monde ; et maintenant Dieu nous procure la joie du salut qui émane de cette fête. En effet, il nous réunit en une seule assemblée, dans un rendez-vous spirituel qui se réalise partout ; il nous permet de prier en commun, d'offrir ensemble nos actions de grâce, comme il faut le faire un jour de fête. C'est le miracle de sa bonté : lui-même rassemble pour cette fête ceux qui sont au loin ; et ceux qui peuvent être distants corporellement, il les rapproche dans l'unité de la foi.

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22 mars 2012

« Pour nous, la Croix est puissance de Dieu ».

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Sermon de saint Léon le Grand sur la Passion.

     Celui qui vénère vraiment la passion du Seigneur doit si bien regarder Jésus crucifié par les yeux du cœur qu'il reconnaisse sa propre chair dans la sienne.

Que la nature terrestre se mette à trembler au supplice de son Rédempteur, que les pierres, c'est-à-dire les esprits des incroyants, se fendent; que les hommes, écrasés par le tombeau de la condition mortelle, surgissent en fracassant la masse qui les tenait captifs. Qu'ils se montrent, eux aussi, dans la Cité sainte, c'est-à-dire dans l'Église de Dieu, comme des présages de la résurrection future. Et ce qui doit un jour se produire dans les corps, que cela se réalise dans les cœurs.

Aucun malade ne se voit refuser la victoire de la Croix, et il n'y a personne qui ne trouve un secours dans la prière du Christ ; si elle a profité à beaucoup de ses bourreaux, combien davantage aidera-t-elle ceux qui se tournent vers lui!

L'ignorance est enlevée, l'obstacle est diminué et le sang sacré du Christ a éteint ce glaive de feu qui interdisait d'entrer dans le domaine de la vie. Devant la vraie lumière, l'obscurité de la nuit ancienne a disparu.

Le peuple chrétien est invité à posséder les richesses du paradis, et l'accès à la patrie perdue s'offre à tous ceux qui ont reçu le sacrement de la nouvelle naissance, pourvu que personne ne se fasse fermer ce chemin qui a pu s'ouvrir devant la foi d'un malfaiteur. ~

Que les activités de la vie présente ne nous condamnent ni à l'angoisse ni à l'orgueil, en nous empêchant de rechercher de tout l'élan de notre cœur la ressemblance avec notre Rédempteur, par l'imitation de ses exemples. Il n'a rien fait ni rien supporté que pour notre salut, afin que la vertu qui se trouve dans la tête se trouve aussi dans son corps.

Tout d'abord, cette adoption de notre nature par la divinité, grâce à laquelle le Verbe s'est fait chair et a demeuré parmi nous, a-t-elle exclu aucun homme de sa miséricorde, sauf s'il refuse la foi ? L'homme n'a-t-il pas une nature commune avec le Christ, s'il a accueilli celui qui a pris cette nature, et s'il a été régénéré par l'Esprit qui a engendré le Christ ? Celui-ci a pris de la nourriture, a connu le repos du sommeil, le trouble de la tristesse, les larmes de l'amitié : cela ne prouve-t-il pas qu'il avait pris la condition d'esclave ?

Il fallait guérir celle-ci des antiques blessures, et la purifier de la boue du péché. Le Fils unique de Dieu s'est fait fils d'homme afin de ne manquer ni du réalisme de l'humanité ni de la plénitude de la divinité. ~

Il est nôtre, ce corps sans vie qui gisait dans le sépulcre, mais qui a ressuscité le troisième jour et qui, au-dessus de toutes les hauteurs célestes, est monté jusqu'à la droite du Père tout-puissant. Si nous suivons la route de ses commandements, et si nous n'avons pas honte de confesser tout ce qu'il a payé pour notre salut dans l'abaissement de sa chair, nous aussi serons élevés jusqu'à la participation de sa gloire. Car ce qu'il a annoncé s'accomplira de façon éclatante : Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.

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