22 mars 2012

« Pour nous, la Croix est puissance de Dieu ».

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Sermon de saint Léon le Grand sur la Passion.

     Celui qui vénère vraiment la passion du Seigneur doit si bien regarder Jésus crucifié par les yeux du cœur qu'il reconnaisse sa propre chair dans la sienne.

Que la nature terrestre se mette à trembler au supplice de son Rédempteur, que les pierres, c'est-à-dire les esprits des incroyants, se fendent; que les hommes, écrasés par le tombeau de la condition mortelle, surgissent en fracassant la masse qui les tenait captifs. Qu'ils se montrent, eux aussi, dans la Cité sainte, c'est-à-dire dans l'Église de Dieu, comme des présages de la résurrection future. Et ce qui doit un jour se produire dans les corps, que cela se réalise dans les cœurs.

Aucun malade ne se voit refuser la victoire de la Croix, et il n'y a personne qui ne trouve un secours dans la prière du Christ ; si elle a profité à beaucoup de ses bourreaux, combien davantage aidera-t-elle ceux qui se tournent vers lui!

L'ignorance est enlevée, l'obstacle est diminué et le sang sacré du Christ a éteint ce glaive de feu qui interdisait d'entrer dans le domaine de la vie. Devant la vraie lumière, l'obscurité de la nuit ancienne a disparu.

Le peuple chrétien est invité à posséder les richesses du paradis, et l'accès à la patrie perdue s'offre à tous ceux qui ont reçu le sacrement de la nouvelle naissance, pourvu que personne ne se fasse fermer ce chemin qui a pu s'ouvrir devant la foi d'un malfaiteur. ~

Que les activités de la vie présente ne nous condamnent ni à l'angoisse ni à l'orgueil, en nous empêchant de rechercher de tout l'élan de notre cœur la ressemblance avec notre Rédempteur, par l'imitation de ses exemples. Il n'a rien fait ni rien supporté que pour notre salut, afin que la vertu qui se trouve dans la tête se trouve aussi dans son corps.

Tout d'abord, cette adoption de notre nature par la divinité, grâce à laquelle le Verbe s'est fait chair et a demeuré parmi nous, a-t-elle exclu aucun homme de sa miséricorde, sauf s'il refuse la foi ? L'homme n'a-t-il pas une nature commune avec le Christ, s'il a accueilli celui qui a pris cette nature, et s'il a été régénéré par l'Esprit qui a engendré le Christ ? Celui-ci a pris de la nourriture, a connu le repos du sommeil, le trouble de la tristesse, les larmes de l'amitié : cela ne prouve-t-il pas qu'il avait pris la condition d'esclave ?

Il fallait guérir celle-ci des antiques blessures, et la purifier de la boue du péché. Le Fils unique de Dieu s'est fait fils d'homme afin de ne manquer ni du réalisme de l'humanité ni de la plénitude de la divinité. ~

Il est nôtre, ce corps sans vie qui gisait dans le sépulcre, mais qui a ressuscité le troisième jour et qui, au-dessus de toutes les hauteurs célestes, est monté jusqu'à la droite du Père tout-puissant. Si nous suivons la route de ses commandements, et si nous n'avons pas honte de confesser tout ce qu'il a payé pour notre salut dans l'abaissement de sa chair, nous aussi serons élevés jusqu'à la participation de sa gloire. Car ce qu'il a annoncé s'accomplira de façon éclatante : Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.

Posté par jpartana à 00:02 - Permalien [#]